Assombrissement global?

Le nombre de ces “effets indirects” augmente sans cesse, mais les deux les plus cités sont l’interaction aérosols / opacité nuageuse (l’accroissement des aérosols apporte un plus grand nombre de sites de condensation de l’eau en nuages, et donc les gouttelettes nuageuses sont plus petites, et les nuages deviennent plus opaques), et la durée de vie des nuages (des gouttelettes plus petites grossissent plus difficilement pour se transformer en pluie, et donc les nuages durent plus longtemps). Les estimations de l’importance de tels effets varient largement, et, bien qu’on les considère comme significatifs, l’incertitude qui leur est associée reste très large. Ces effets constituent néanmoins une partie de la série des forçage d’origine humaine qu’il faut estimer afin de comprendre le climat du 20ème siècle.

On doit tout de même insister sur le fait qu’il n’y a pas encore d’explication convaincante qui concorde quantitativement avec les observations (admises pour incertaines) de ces phénomènes (Liepert and Lohmann, 2004). Cependant, le documentaire Horizon affirme avec confiance que :

L’assombrissement global est un “tueur”. Il peut avoir été derrière les pires désastres climatiques de notre temps, responsable de famine et de décès à l’échelle biblique. Et l’assombrissement global est en mesure de frapper de nouveau.

La référence se rapporte à la famine des années 1980 en Ethiopie, partiellement causée par l’absence de mousson (mais, clairement exacerbée par la pauvreté de la réaction gouvernementale du régime de Menghistu, alors au pouvoir).

Le lien est fondé sur une étude de sensibilité à modèle unique (Rotstayn and Lohmann, 2002) qui s’est intéressé uniquement aux modifications dans les effets indirects depuis l’époque pré-industrielle (1850) jusqu’à nos jours. Dans cette étude, (simulation) on observe un déplacement vers le Sud de la ceinture des pluies similaire à celle observée durant tout le siècle (et non nécessairement juste pendant les années 1980). Bien que cela soit de fait très intéressant, et suggère que les effets indirects des aérosols peuvent avoir des conséquences climatiques importantes, ce n’est qu’un tout premier pas que d’attribuer un certain effet climatique (absence de mousson au Sahel) à une cause particulière (effets indirects des aérosols). Les questions relatives à l’importance des autres forçages restent évidemment ouvertes, en particulier les gaz à effet de serre (qui n’ont pas été changés dans cette expérience), et la solidité d’une quelconque réponse temporaire (à savoir, est-ce qu’une sécheresse (issue de la simulation) s’est produite au Sahel dans les années 80 plus souvent qu’à aucune autre période). En l’absence d’une étude complémentaire, (que nous espérons en cours, conformément aux assertions relatives au 4ème Rapport d’Evaluation du GIEC) il est horriblement prématuré de déclarer que “l’assombrissement global” est la cause de cet évènement. Notons qu’alors que cette étude portait sur les effets des aérosols, elle ne revendique aucune conformité avec les résultats de “l’assombrissement global”. Accessoirement, d’autres modèles expérimentaux (Giannini et al, 2003) expliquent la sécheresse des années 80 par l’élévation de la température de l’Océan Indien.

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