Conférence d’Exeter (G-B): éviter un changement climatique dangereux

Quelles sont les nouveautés ? Sur la question des impacts, le rapport final indique qu’il y a plus de clarté et moins d’incertitude depuis le Troisième Rapport d’Evaluation du GIEC, ce qui est logique après 4 années de recherche. Ils identifient quelques “seuils” qui sont dangereux pour certains processus : – un réchauffement local de 2,7ºC pour la fonte du Groenland; un réchauffement global de 1ºC pour le blanchissement du corail. Les extrêmes climatiques, et la vague de chaleur de 2003 en Europe sont également mentionnés. Sur le changement climatique, ils notent que limiter le changement de température global à 2ºC avec un bon niveau de confiance exigerait la stabilisation à l’équivalent de 400 ppm de CO2 (le CO2 lui-même est déjà à 380, mais “l’équivalent CO2” inclut la contribution des autres gaz à effet de serre et les effets négatifs des sulfates; voyez ici pour plus de détail). Si le risque d’augmenter la température globale par plus de 2ºC est accepté, alors une concentration de 550 ppm serait acceptable. Pour les options techniques, ils notent que l’IEA [ndt : agence Internationale de l'Energie Atomique] prévoit une augmentation de 63% des niveaux de CO2 d’ici 2030, en accord avec les évaluations du GIEC. Il y a un grand nombre d’options qui pourraient être prises pour réduire les émissions, et parmi celles-ci figure le nucléaire.

Ainsi, rien de bouleversant. En résumé, ils notent que du travail reste à accomplir sur les mesures d’atténuation et d’adaptation – reconnaissance implicite du fait que le changement climatique a bien lieu et continuera, bien que les possibilités pour l’atténuer existent.

Sur la partie scientifique, il y a également l’éternel refrain sur “est-ce que le réchauffement global va causer un refroidissement ?” qui accroche beaucoup de monde a cause du paradoxe qu’il suggère. C’est le scénario de “l’arrêt de la circulation thermohaline (THC)” ou son ralentissement, provoqué par un adoucissement des eaux de l’Atlantique nord. Celui-ci ne pourrait pas dans le pire des cas mener à un refroidissement global, il affecterait principalement les pays septentrionaux d’Europe. Le Troisième Rapport d’Evaluation du GIEC dit que même dans les modèles dans lesquels le THC s’affaiblit, il y a toujours un réchauffement en Europe (parce que l’effet du réchauffement global est plus important que le refroidissement local). Ceci semble toujours être vrai. Pendant la conférence ont été présentés quelques résultats sur ce qui se produit si l’arrêt de la circulation thermohaline est artificiellement induit (par Richard Wood ), et diverses autres tentatives d’explorer l’hypothèse d’un arrêt complet de la THC, mais les AOGCMs couplés semblent être tout à fait résistants à cette hypothèse. Sur les impacts, ils mentionnent que les sociétés “résistantes” peuvent mieux survivre au stress climatique – par exemple, ils minimisent le risque souvent mentionné d’extension de la malaria due au réchauffement : l’augmentation prévue est faible par rapport aux nombreux cas. Le message est que les efforts existants pour combattre la malaria devraient être renforcés.

Et en conclusion, puisque ce point est mentionné dans le rapport, il y a deux erreurs possibles à faire, dites de “type 1″ et de “type 2″. Celle du type 1 est une prudence excessive, menant à des dommages dus a des actions inutiles limitant le développement. Celle du type 2 correspond à une action insuffisante, menant à des dommages liés au changement du climat. En raison des incertitudes, il est très difficile de tracer un chemin qui évite ces deux erreurs, mais il s’avère que nous devrions favoriser l’action.

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