Plus salé ou pas ?

traduit de l’anglais par Claire Rollion-Bard

Dans une publication récente (du 16 Sept. 2005) dans Science, Hatun et al. ont trouvé que de fortes salinités ont été observées durant la dernière décennie dans la région où l’eau de l’Atlantique s’écoule dans les océans du Nord. Ils ont combiné une analyse des observations avec des simulations utilisant un modèle océanique, concluant que la salinité du courant vers les océans du Nord est contrôlée par la dynamique océanique et la circulation de l’enroulement sub-polaire. Les observations de Hatun et al. peuvent suggérer que les eaux chaudes et salées venant du sud sont spécialement chaudes et salées.

Dans une autre publication dans Science du 17 juin 2005, Curry & Mauritzen concluent que, dans l’ensemble, le nord de l’Atlantique Nord est devenu significativement plus doux (moins salé) au cours des récentes décennies. Cette étude était basée entièrement sur des observations (données hydrographiques entre le Labrador et l’Europe dans les derniers 50 ans). L’évidence récente pour une augmentation de la salinité fournie par Hatun et al. a été interprétée par certains comme étant inconsistante avec l’évidence de l’Atlantique Nord des hautes latitudes moins salé trouvé dans les précédentes publications. Que se passe-t’il donc réellement ? Est-ce que la salinité augmente ou baisse ? Et est-ce que les deux récentes études dans Science peuvent être compatibles l’une avec l’autre ? L’Europe du Nord connaît un climat doux par rapport aux autres régions de la même latitude. Par exemple, Oslo est approximativement à la même latitude que la pointe Sud du Groenland, mais a un climat substantiellement plus doux. Bien que l’atmosphère joue un rôle important ici aussi, la chaleur transportée par l’océan est un facteur clé responsable des conditions douces dans beaucoup de parties de l’Europe du Nord. Une composante de ce transport est liée au système de courants où les eaux de surface salées près de l’Arctique perdent leur chaleur, deviennent plus denses, et ainsi plongent vers l’océan profond. Cet enfoncement fait partie d’une circulation océanique de plus large échelle connue en tant que “tapis roulant”, parfois référencée comme la circulation thermohaline car la circulation est dirigée par les variations de densité reliées aux variations de température et salinité.

Beaucoup des courants de surface des océans mondiaux (i.e. l’océan “s’enroule” ce qui apparaît comme un système de courant horizontal tournant dans l’océan de surface) sont dirigés par le vent, cependant, l’enfoncement dans l’Arctique est relié au forçage de flottabilité (effets qui changent soit la température ou la salinité, et ainsi la flottabilité). L’enfoncement est principalement dirigé par la salinité de l’eau, qui est affectée par l’évaporation de l’eau douce à la surface ou, particulièrement en Arctique, glaçant l’eau de mer qui laisse le sel derrière dans l’eau sous la glace.

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