L’accroissement du CO2 atmosphérique: sommes nous entièrement responsable?

Toutes les estimations montrent que l’océan absorbe 2±1 PgC par année (à comparer à la combustion de carbone fossilisé, qui approche les 7 PgC par année). Une méthode permet d’estimer que l’océan a absorbé un total de 118±19 PgC durant les 200 dernières années. La quantité exacte de carbone absorbée par l’océan est sujette à incertitude, mais la direction des changements observés ne fait aucun doute. L’océan ne peut pas avoir contribué à l’augmentation du CO2 atmosphérique puisqu’il est lui-même un puit de CO2 (et non pas une source).

Qu’en est-il de la biosphère terrestre? Nous savons que la déforestation a contribué à l’accroissement du CO2 atmosphérique. Puisque la quantité totale du carbone doit être conservée, les observations de l’accroissement du carbone dans l’atmosphère et dans l’océan, ainsi que les estimations de la combustion de carbone nous indiquent que la déforestation a été en grande partie compensée par un accroissement de la biosphère terrestre même. Par exemple entre 1980 et 1999, la combustion de carbone a été de 117±5 PgC, et le carbone dans l’atmosphère et dans l’océans augmenté de 65±1 et 37±8 PgC, respectivement. Il reste 15±9 PgC qui doivent être expliqués par des processus terrestre, ce qui inclu la déforestation (et autres changements d’exploitation des sols) qui a réduit la biosphère de 24±12 PgC, et un puit additionel de 39±18 PgC qui est la réponse de la biosphère terrestre au CO2 atmosphérique et aux changements de climat (Sabine et al. 2004). Ici encore , la quantité exacte de carbone absorbée est sujette à incertitude, mais il ne fait nul doute que la biosphère terrestre a absorbée une quantite de carbone qui équivaut en gros la quantité de carbone émises par la déforestation.

Comment cela est-il possible, quand nous savons que le réchauffement de l’océan réduit la solubilité du CO2, et que le réchauffement des sols accélère la dégradation bactérienne? C’est parceque ces processus ne sont pas les seuls à influencer l’océan et la biosphère terrestre. Dans l’océan, c’est la réponse à l’augmentation du CO2 dans l’atmosphère même qui domine. Si l’océan ne s’était pas réchauffé, peut-être aurait-t’il absorbé plus de carbone, mais nous ne pouvons pas l’affirmer car d’autres processus réagissent aussi au réchauffement, entre autre les processus biologiques. Dans la biosphère terrestre, la dégradation des sols a pu augmenter suite au réchauffement, mais pour l’instant cet effet est inférieur à la réponse de la biosphère terrestre aux autres processus (par exemple l’effet de fertilisation du CO2 et de l’azote, les changements de précipitations, etc).

Cela est-il cohérent avec ce que nous connaissons des glaciations? Oui. Lors des glaciations, l’équilibre entre les processus était très différent. Le refroidissement ainsi que d’autres changements de climats sont d’abord survenus. La réponse de l’océan et de la biosphère terrestre a crée une décroissance du CO2 atmosphérique, ce qui a en retour provoqué un refroissement plus important (voir texte sur les feedbacks entre la température et le CO2 ici)). Lors des glaciations, il n’y a eu aucun apport externe de CO2 dans l’atmosphère, et l’océan et la biosphère terrestre ont répondu principalement aux changements de climat. Lors des deux derniers siècles, les activités humaines ont émises de grandes quantités de CO2 dans l’atmosphère, et l’océan et la biosphère terrestre ont répondu principalement à cet accroissement du CO2.

En résumé, nous savons que l’accroissement récent du CO2 dans l’atmosphère est entirement causé par la combustion de carbone fossilisé et par la déforestation parceque nombre d’observations indépendantes montrent que le carbone a aussi augmenté dans l’océan et dans la biosphère terrestre (apres avoir tenu compte de la déforestation). Si l’océan ou la biosphère terrestre avaient contribué à l’accroissement du CO2 dans l’atmosphère, ils contiendraient moins de carbone. Leur réponse au réchauffement global peut être réel, mais il est plus petit que leur réponse à l’accroissement du CO2 atmosphérique et aux autres changements climatiques, pour le moment.

Voir le dernier rapport du GIEC pour de plus amples informations sur le budget de carbone, qui présente aussi la faible contribution des émissions volcaniques et autres réservoirs géologiques.

Références:

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