Plus salé ou pas ?

Mais est-ce que cela signifie que l’adoucissement de l’enroulement subpolaire a cessé ? Non : Les océans du nord sont significativement plus doux qu’ils l’étaient dans les années 60 – les 1,8 mètres supplémentaires d’eau douce dans les Mers Nordiques ont perdu 10 cm, et les 3 mètres supplémentaires d’eau douces dans l’enroulement subpolaire ont perdu 1 mètre en limite supérieure. Le dernier cadre temporel dans l’enroulement subpolaire n’a pas été publié dans le papier de Curry & Mauritzen car ils ont peu de données de l’enroulement subpolaire occidental durant cette période – le budget du volume serait alors biaisé vers l’Atlantique de l’est salé, où les eaux subtropicales chaudes et salées résident. L’estimation d’1 mètre (limite supérieure) est donc attendue à être réduite quand plus de données de l’enroulement subpolaire occidental entreront dans la base de données.

La différente focalisation dans les deux études peut simplement donner des descriptions de la même situation, même quand certains media ont décrit le papier le plus récent comme une preuve contre la possibilité d’adoucissement des océans du nord. Curry & Mauritzen ont analysé la salinité à travers la profondeur de l’océan. Ils observent une accumulation d’eau douce dans la colonne totale des bassins de l’océan sub-polaire, spécialement aux profondeurs intermédiaires. Ils trouvent aussi des indications de salinités plus élevées dans la région où les eaux de l’Atlantique s’écoulent dans les océans du nord. Hatun et al. se focalisent sur la salinité de surface, comme elle est proche de la surface la circulation océanique est la plus forte. Cependant, une partie de leurs analyses inclut des observations à partir d’un transept pénétrant jusqu’à 800 m à Rockall Trough. Les analyses de Curry & Mauritzen étaient basées sur des observations océaniques avec une grilles 3d alors que celles de Hatun et al. se focalisaient sur trois points de flux dans l’océan Arctique. Hatun et al. ont aussi utilisé des données altimétriques (mesures locales de la hauteur d’eau de mer à partir d’observations de satellite) pour diagnostiquer la circulation de l’enroulement des océans plus au Nord. Les données altimétriques fournissent une mesure de la chaleur et de la concentration de sel de l’eau, mais à cause du fait que la densité de l’eau est une fonction compliquée non-linéaire de la température et de la salinité, il est difficile d’inverser les mesures pour en déduire la salinité. Néanmoins, les profils de hauteur locale donnent des indications sur les courants qui proviennent des différences de hauteur d’eau de mer.

Un quadrillage épars d’observations océaniques sur une très grande résolution (dans ce cas, 1 par 1 degré latitude ¥ longitude) est enclin à produire certaines structures apparentes qui sont simplement des artéfacts d’interpolation mathématique, même quand les méthodes isopycnales sont utilisées (ceci est commun pour le quadrillage des données). D’un autre côté, la budgétisation de la salinité, implicite dans le modèle océanique de Hatun et al., ne peut pas prendre en compte correctement l’ écoulement des rivières (qui adoucit l’eau), le transport à partir du Pacifique, de l’Archipel canadienne, du courant de l’est du Groenland, ou des processus de fonte. Ce modèle océanique utilisé par Hatun et al. a une limite de latitude nord à 78N, où une frontière artificielle est imposée avec la salinité, les températures et les vitesses toutes prescrites à cette frontière par des résultats d’un autre modèle. Le transport de sel à cette frontière à cette frontière n’est pas bien connu. Si le transport de sel prescrit n’est pas correct, alors le budget du sel du modèle ne représentera pas la réalité.

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