Un réchauffement de 2°C peut-il être évité?

Au coeur de la deuxième affirmation (« Nous atteindrons 400 ppm dans 10 ans ») se retrouve l’évaluation correcte du fait que nous allons probablement faire monter les concentrations jusque 400 ppm et au-delà: pour faire moins, il faudrait dès demain arrêter nos centrales électriques. La concentration actuelle de CO2 est déjà de 380 ppm et elle a augmenté de 20 ppm sur les 10 dernières années.

CO2 stabilisation paths Figure : Une représentation schématique (a) des émissions de CO2 d’origine fossile, (b) des concentrations en CO2 équivalent et (c) de la température moyenne globale pour deux scénarios : premièrement, une « stabilisation immédiate » qui implique que les concentrations de CO2 augmentent jusque 415 ppm en 2015 et se stabilisent par après (ligne rouge en trait interrompu). Ce scénario est purement hypothétique, car les réductions d’émissions en 2015 et par après seraient difficilement faisables ; deuxièmement, un scénario de pic (la ligne verte continue), qui dépasse temporairement les 415 ppm puis y retourne en se stabilisant. Ces deux scénarios restent en dessous de la cible de 2°C – pour une sensibilité climatique de 3,8°C ou moins. C’est plus ou moins équivalent à 75% de chance de rester en dessous de 2°C3.

En effet, éviter des concentrations de, disons, 475 ppm de CO2 équivalent (voir figure a) implique des réductions très significatives d’émissions. Toutefois, pour autant que nous réduisions nos émissions de façon suffisamment décisive, les concentrations dans l’atmosphère pourraient baisser à nouveau dans la seconde moitié du 21ème siècle et au-delà. Les raisons en sont les relativement courtes durées de vie du méthane, du protoxyde d’azote, d’autres GES et d’une partie de l’absorption du CO2 par les océans (comme discuté ici).

Maintenant, que va-t-il arriver à notre chat si nous augmentons le réglage de notre four à environ 475 ppm pour le réduire ensuite ? Si nous réagissons assez vite, nous pourrions être à même de sauver le chat de conséquences irréversibles. Autrement dit, si les concentrations baissent assez vite après le pic à 475 ppm, l’augmentation de température pourrait ne pas dépasser 2°C. Concrètement, l’inertie thermique du système climatique va écrêter le pic de température que le chat aurait senti si la température du four réagissait immédiatement au bouton de réglage.

Donc, en résumé: même dans le scénario très probable où nous dépassons les 400 ppm de CO2 équivalent dans un avenir très proche, il semble probable que l’augmentation des températures pourraient être limitée à 2°C avec une chance de 75% si les émissions sont réduites suffisamment vite pour atteindre un maximum de 475 ppm de CO2 équivalent avant de redescendre à 400 ppm de CO2 équivalent.

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