Les Chevaliers de l’Ordre de la Terre Plate, Part II: Courtillot’s Geomagnetic Excursion

Pour faire plus de bruit avec la variabilité solaire, il faut invoquer quelque chose d’autre pour l’impact du soleil sur le climat. Quelque chose d’exotique, comme des variations du champ magnétique. Comme il n’y a pas de mécanisme physique quantifié reliant les variations du champ au climat, Courtillot doit se rattraper en nous montrant quelques supposées corrélations entre les variations de température et du champ magnétique. Pour ne rien arranger, Courtillot n’arrive pas à décider si une augmentation du champ devrait réchauffer le climat ou le refroidir, ce qui fait qu’on ne sait même pas quelle corrélation rechercher. L’absence d’un modèle physique ne permet pas de traiter les différents forçages sur un pied d’égalité ni d’attribuer de manière fiable les causes des changements climatiques. C’est particulièrement néfaste dans le cas où les différents forçages sont fortement corrélés entre eux. Par exemple à l’échelle de l’année au siècle, la variabilité du champ magnétique, des rayons cosmiques, et de l’irradiance solaire varient pratiquement en parallèle, et donc s’il y a une corrélation avec la température (ou la couverture nuageuse) on ne peut pas dire si c’est parce que le climat répond avec une grande sensibilité directement aux variations d’irradiance, ou si quelque chose de plus exotique est en cause. Sur une période pendant laquelle la température, le forçage des gaz à effet de serre, et un quelconque index du champ magnétique augmentent tous, une technique statistique d’attribution qui ignorerait les gaz à effet de serre pour ne considérer que l’index du champ magnétique trouverait bien sûr que le champ magnétique "explique&quot le signal. Si nous ne connaissions rien sur l’impact climatique du CO2, ceci mettrait le champ magnétique sur un même pied d’égalité que le CO2 comme explication, mais ce n’est pas le cas. Nous en savons beaucoup sur l’impact climatique du CO2, et aucune combine avec les rayons cosmiques ou le champ magnétique ne peut faire disparaître cette physique. Ca peut même devenir encore plus confus si on oublie le rôle important des aérosols anthropiques sur le dernier siècle, comme Courtillot le fait bien trop souvent.

La confiance avec laquelle Courtillot met en doute le rôle, accepté de façon générale, du forçage anthropique sur les changements climatiques du dernier siècle est surprenante, au vu des limites fondamentales de tout argument basé seulement sur une corrélation. Mais c’est encore pire que ça : comme le montre Bard et Delaygue, la plupart des corrélations sur lesquelles reposent les pauvres cas de Courtillot et al. sont en fait bidons.

Variabilité solaire et climat : du bon, de la brute, et du truand

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