L’état de confusion de Michael Crichton

Le Dr Hansen est encore cité (un peu hors contexte) en disant : « Les forçages qui déterminent les changements climatiques de long terme ne sont pas connus avec assez de précision pour définir les changements climatiques à venir. » Etant donné ce que nous venons de dire au paragraphe précédent, il est clair que sans une bonne estimation des forçages, les différences entre modèles peuvent être considérables. Il est communément accepté qu’une prévision exacte de l’évolution du climat dans les 50 ou 100 prochaines années est impossible. Le futur est en grande partie inconnaissable. Une nouvelle source d’énergie pourrait remplacer les combustibles fossiles, les gouvernements pourraient contrôler les émissions, ou nous pourrions avoir de nombreuses éruptions volcaniques. Il est donc beaucoup plus raisonnable de se demander ce qu’il adviendrait du climat si la concentration de CO2 doublait. Ou si ceci ou cela arrivait. Ces questions sont beaucoup mieux définies. La citation de Hansen est souvent utilisée pour soutenir que les modèles sont si peu fiables qu’ils sont inutiles pour aider à évaluer la situation. En fait, c’est le contraire – ce que Hansen dit, c’est que l’incertitude des modèles (par exemple la sensibilité climatique) est maintenant plus faible que l’incertitude sur les scénarios d’émission (c’est-à-dire l’incertitude sur les forçages, qui est responsable de l’incertitude des projections).

Ensuite, page 315, on trouve « dans les années 70, tous les spécialistes du climat croyaient qu’une période glaciaire allait arriver (et comme décrit en page 563, le professeur du MIT le pense toujours). Cette affirmation n’est pas correcte. Les pages de William Conolley sur ce sujet sont une lecture éclairante pour ceux qui voudraient plus d’information.

Un autre sujet qui revient souvent dans les discussions sur les données de température de surface est l’impact de l’effet « îlot de chaleur urbaine » (urban heat island effect). Il apparaît page 370. Il est incontestable que les centres de villes comme New-York sont significativement plus chauds que les régions avoisinantes. Ce sujet a été étudié en détail et des corrections sont faites pour en tenir compte dans toutes les analyses des évolutions de température globale. Pour voir s’il pourrait encore y avoir un effet résiduel dans les données corrigées, un article récent (Parker, Nature, 2004) examine les différences de tendance entre les conditions venteuses et sans vent. On sait que le vent diminue l’effet du réchauffement urbain. La tendance au réchauffement devrait donc être plus faible les jours venteux que les jours calmes, si cet effet restait important. Les deux tendances sont en fait quasi identiques. Il existe d’autres observations qui valident les ajustements de température de surface. Ce sont les océans, qui se réchauffent depuis plusieurs décennies. Même Richard Lindzen, habituellement un archi-sceptique sur ces sujets, a déclaré que « les augmentations de la température des océans soutiennent les données de température de surface » (Lindzen 2002). Une autre démonstration que les corrections sont suffisantes: sur le continent Nord-américain, où de nombreuses villes ont un effet de réchauffement du centre ville, la moyenne des données corrigées est en fait plutôt plate (page 88) – c’est-à-dire que le fort biais urbain des USA n’influence pas la moyenne régionale ou globale de température.

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