Le mythe du refroidissement global

Par William Connolley (Traduit par Pierre Allemand)

De temps en temps, le mythe selon lequel “nous n’allons pas croire aujourd’hui les prédictions concernant le réchauffement global car dans les années 70, on prédisait un nouvel âge glaciaire et/ou un refroidissement”, refait surface. Récemment, George Will le mentionnait dans son éditorial (voir Will-full ignorance) et le fameux Crichton s’arrange pour dire “dans les années 70, tous les chercheurs dans le domaine climatique pensaient qu’un nouvel âge glaciaire allait arriver” (voir Michael Crichton’s State of Confusion ). Vous pouvez le trouver également dans divers autres endroits [ici, ici (en termes plus nuancés), etc]. Cependant, cet argument n’en est pas un pour les sceptiques respectables et bien informés, car il ne résiste pas à l’analyse. Cela n’empêche pas, néanmoins, qu’il soit régulièrement repris dans les groupes de discussion.

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Je me dois de préciser que je parle de prédictions dans la littérature scientifique. Il y a eu des choses regrettables publiées dans la presse populaire (par exemple, Newsweek; mais National Geographic a encore fait mieux). Mais nous ne sommes responsables que de la presse scientifique. Si vous voulez consulter une analyse des différents articles qui parlent du sujet, essayez http://www.wmconnolley.org.uk/sci/iceage/.

D’où vient donc le mythe ? Naturellement, il y a un fond de vérité derrière tout cela.

Premièrement, il y a eu une tendance au refroidissement des années 40 aux années 70 (encore que cela demande à être bien établi, car les séries de données de températures des hémisphères ou du globe commençaient à peine à être rassemblées). Cependant, on savait bien qu’extrapoler sur une aussi courte période était une erreur (Mason, 1976) .

Deuxièmement, il devenait clair que les âges glaciaires se succédaient selon un rythme régulier, et que les périodes interglaciaires (comme celle d’aujourd’hui) étaient beaucoup plus courtes que les périodes glaciaires qui les encadraient. D’une certaine façon, il semble que cela ait conduit (peut-être plus dans le milieu populaire qu’ailleurs) à l’idée que le prochain âge glaciaire était prévisible et imminent.

Troisièmement, on se posait des questions concernant la magnitude relative du forçage par les aérosols (refroidissement) et par le CO2 (réchauffement), bien que cela n’ait, semble-t-il, pas duré très longtemps.

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