Le mythe du refroidissement global

Climat futur. Ayant montré l’évidence que les changements climatiques majeurs du passé étaient associés à la géométrie de l’orbite de la terre, nous devrions être capables de prédire l’orientation du climat futur. De telles prévisions doivent être examinées de deux manières. D’abord, elles s’appliquent uniquement aux composantes naturelles du climat futur – et non aux effets anthropogéniques comme ceux résultant de l’utilisation des combustibles fossiles. Ensuite, elles décrivent uniquement les tendances à long terme, car elles sont liées à des variations orbitales dont les périodes sont de 20 000 ans et plus. Les oscillations climatiques de fréquence plus élevée ne sont pas comprises dans les prévisions.

Une des approches possibles pour les prévisions des tendances climatiques naturelles à long terme consiste à estimer les constantes temps de réponse nécessaires pour expliquer les relations de phase observées entre les variations orbitales et les changements climatiques, puis d’utiliser ces constantes de temps dans des modèles à réponse exponentielle. Quand un tel modèle est appliqué aux projections astronomiques de Venekar (39), le résultat montre que la tendance à long terme pour les prochaines 20 000 années va vers une glaciation extensive de l’hémisphère nord, et un climat plus froid (80).

La question des échelles de temps doit être notée : prédire une période glaciaire (même en l’absence de forçage humain) est presque impossible à l’échelle que vous pourriez appeler “imminente” (peut-être d’un siècle : comparable aux échelles typiquement utilisées dans les projections du réchauffement global) parce que les périodes glaciaires sont lentes, à cause du type de mécanisme de forçage orbital.

Will cite aussi “une pleine période glaciaire de 10 000 ans” (Science, 1 mars 1975).

La citation est exacte, la source non. La citation ne vient pas de “Science” ; elle vient de “Science News”. Il y a une différence majeure : Science est (avec Nature) le journal le plus prestigieux concernant les sciences naturelles ; Science News n’est pas du tout un journal à relecture par des pairs, bien qu’il reste un journal respectable. Dans ce cas, les choses ont un peu dérivé : le souci de présenter une histoire passionnante a dépassé la simple lecture du rapport de la NAS [NdT : National Academy of Sciences], considéré comme trop ennuyeux pour être présenté directement.

L’article de Hays ci-dessus est l’exemple le plus notable de l’aboutissement à l’âge glaciaire. Encore une fois, c’est un article très important dans l’histoire du climat, faisant le lien entre les sédiments océaniques et la périodicité des forçages orbitaux. Rasool and Schneider, Science, July 1971, p 138, “Atmospheric Carbon Dioxide and Aerosols: Effects of Large Increases on Global Climate” représente le meilleur exemple de l’autre aboutissement, le refroidissement par les aérosols.

L’article mentionne que le quadruplement des aérosols pourrait faire descendre la température moyenne (du globe) d’au moins 3,5 degrés K. Si elle se prolongeait sur plusieurs années, une telle chute de température pourrait être suffisante pour déclencher une période glaciaire !

Mais, même cet article tempère ses prédictions (on ne savait pas si les aérosols allaient augmenter ou non) et spéculait que l’énergie nucléaire pourrait avoir largement remplacé les combustibles fossiles comme moyens de production d’énergie (supprimant par là même le problème des aérosols).

Il y a incidemment d’autres problèmes scientifiques dans cet article : notamment que le modèle utilise était valable seulement pour de petites perturbations, alors que le résultat portait sur d’assez larges perturbations ; ensuite, l’estimation de la sensibilité du CO2 était sous estimée d’un facteur de 4.

C’est dans le 1975 NAS/NRC report que la question était la mieux résumée à cette époque. Ce rapport était une présentation sérieuse et sobre de ce qui était connu à cette époque, et les conclusions en étaient qu’on en connaissait pas assez pour faire des prédictions. Le “résumé des principales conclusions et recommandations” disait qu’on pourrait :

1. Etablir un Programme National de recherche sur le climat.

2. Mettre en place un programme d’analyse des données climatiques, de nouveaux laboratoires, et des études sur l’impact humain du climat.

3. Développer un programme de surveillance d’indices climatiques.

4. Etablir un programme de modélisation et d’applications, et d’exploration de futurs climats possibles en utilisant des GCM couplés [NdT : “General Circulation Models”, modèles de circulation générale].

Page 2 of 3 | Previous page | Next page