Changement de la circulation Atlantique – Résumé

Nature a publié cette semaine un excellent résumé de l’état de la science en ce qui concerne les changements possibles de la circulation thermohaline (ou méridionale) océanique dans l’Atlantique et son impact sur le climat. Même s’il cite certains d’entre nous, cela vaut néanmoins la peine de le lire pour comprendre comment les résultats de l’article de Bryden et al. - qui suggéraient que le retournement atlantique s’était réduit de 30% dans les dernières décennies – sont assimilés dans la communauté scientifique.

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Le résultat de Bryden et al est surprenant pour les spécialistes de ce domaine. Peu de scientifiques avaient pensé qu’un tel ralentissement de la circulation thermohaline pouvait arriver si tôt. Les modèles suggèrent que l’augmentation en eau douce nécessaire pour un arrêt de la circulation ne sont pas attendu sans un réchauffement global de 4 à 5°C; le réchauffement du vingtième siècle est actuellement estimé à 0,6°C (réf 3). Les modèles les plus complexes du climat et des océans, tels que ceux utilisés pour réaliser les prévisions climatique pour le Groupe intergouvernemental d’experts sur le climat (GIEC), suggèrent qu’on peut s’attendre à ce que le flux ralentisse d’une moyenne de 25% à la fin du vingt et unième siècle, mais pas qu’il s’arrête complètement.

La raison de cette surprise est que d’autres données pertinentes, comme les changements de salinité, la convection profonde ou le refroidissement de l’Atlantique Nord qui n’est pas observé, ne sont pas cohérents de façon évidente avec un si grand changement.

L’analyse récente des données de salinité de 1950 à 2005 de [Ruth Curry] suggère que 4000 kilomètres cube – 8 fois le débit annuel du Mississippi – d’eau douce se sont accumulés dans les couches supérieures de l’océan depuis 1960. « L’eau douce supplémentaire commence à influencer la densité » dit-elle. Mais la quantité d’eau douce nécessaire pour arrêter la circulation thermohaline dans les comparaisons de Rahmstorf est d’un ordre de grandeur supérieur aux quantités rapportées par Curry et elle est d’accord avec le fait que la circulation ne sera pas excessivement affectée pendant ce siècle. Peter Wadhams, un océanographe de l’université de Cambridge, UK, a rapporté l’année dernière un affaiblissement substantiel des cheminées convectives qui entraînent les eaux de surface vers le bas dans le mer du Groenland, mais on ne sait pas quelle part de l’effet observée est du à une variabilité naturelle.

Il est possible que le résultat de Bryden soit le résultat d’un artefact statistique malchanceux. « Les résultats sont basés, après tout, sur cinq échantillons d’un système comportant beaucoup de bruit et sous échantillonné, » dit Carl Wunsch. Sa propre analyse ne suggère aucun changement significatif au cours de grosso modo la dernière décennie (mais cela vaut probablement la peine de signaler que l’opinion de Wunsch sur l’importance (ou la non-importance) relative de la circulation atlantique pour le climat n’est probablement pas courante dans la communauté).

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