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Et si …. la “Crosse de Hockey” était fausse ?

Les changements du climat peuvent avoir différentes raisons, et la cause d’un changement particulier du climat a besoin d’être examinée sur la base du cas par cas. Elle ne peut pas être trouvée en regardant une courbe de température. Le climat médiéval a été plus chaud qu’actuellement, cela serait probablement dû à des causes naturelles – peut-être un pic dans l’activité solaire. Cela nous dirait seulement que, en principe, les causes naturelles peuvent provoquer un réchauffement plus important que celui que nous avons observé dans les dernières décennies. Mais nous le savons déjà – il suffit de remonter assez loin dans le temps (e.g. 50 millions d’années) pour trouver des exemples de climats indiscutablement plus chauds qu’aujourd’hui. Cependant, il serait naïf de conclure que le fort réchauffement observé au 20ème siècle devrait donc avoir une cause naturelle.

L’examen de la cause du réchauffement du 20ème siècle est fait dans les études nommées détection et attribution, qui analysent en détail les différents forçages (e.g. variations de l’activité solaire ; des gaz à effet de serre ou de l’activité volcanique) et le temps et l’espace observés pour le changement climatique. Ces études, réalisées avec différentes techniques, ont invariablement conclu que la cause dominante du réchauffement du 20ème siècle est les gaz à effet de serre créés par l’homme.

Dans l’esprit de cet article, supposons que ces études ont également tort, en plus de tout ce qu’il y a au-dessus. Supposons que ces études, d’une certaine manière, sous-estiment grandement la variabilité naturelle dans le système climatique, de telle manière que le “signal” du changement anthropique du climat n’a pas encore émergé du “bruit” des variations naturelles (i.e. “l’influence discernable de l’homme” sus-citée n’a pas encore été détectée). Nous n’aurions donc certainement pas besoin de nous inquiéter du réchauffement global, et le monde pourrait écarter le protocole de Kyoto ?

Malheureusement cela ne marche pas non plus. La seule chose qui marcherait dans ce cas est que nos données ne sont pas encore assez bonnes pour prouver que le changement anthropogénique du climat a déjà lieu. Cela ne serait pas si surprenant – la quantité attendue du réchauffement anthropogénique global est à ce jour seulement de 0,5 °C (basé sur les effets radiatifs des gaz à effet de serre et des aérosols émis par les humains). C’est un faible signal qui n’est pas facile à détecter parmi la variabilité naturelle ; la majeure partie du réchauffement anthropogénique reste encore à venir (le but de la science est de donner une alerte précoce, plutôt que juste attendre que les faits soient évidents pour tout le monde).

La principale raison d’être concerné par le changement anthropogénique du climat n’est pas que nous pouvons déjà le percevoir (bien que nous puissions). La principale raison est double :

(1) Le dioxyde de carbone et les autres gaz à effet de serre augmentent rapidement dans l’atmosphère à cause de l’activité humaine. C’est un fait mesuré même pas remis en cause par les sceptiques affirmés.

(2) Toute augmentation du dioxyde du carbone et des autres gaz à effet de serre changera l’équilibre de rayonnement de la Terre et augmentera les températures de surface. C’est de la physique basique et non discutée qui est connue depuis une centaine d’années.

Mais quelle intensité a cet effet de réchauffement ? C’est le seul doute fondamental sur le changement anthropogénique du climat qui peut être encore légitimement débattu. Nous, climatologues, décrivons le réchauffement qui résulte, à l’équilibre, d’un doublement du CO2 en terme de sensibilité du climat. L’IPCC donne la gamme d’incertitude à 1,5 – 4,5 °C. Seulement si c’est faux et que la valeur vraie est plus faible, nous pouvons en tirer le fait que la non-diminution d’émissions de gaz à effet de serre mènera au réchauffement projeté par l’IPCC.

Les chances d’avoir cela ne sont pas bonnes. Une nouvelle grande analyse d’incertitude qui est parue cette semaine dans Nature, montre qu’il est très difficile d’obtenir une sensibilité du climat en-dessous de 2°C pour les modèles climatiques, quelle que soit la manière dont on change les paramètres. Et l’histoire du climat, avec ses âges glaciaires et ses autres grands changements, plaide fortement contre une faible sensibilité de climat.

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