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11ºC de réchauffement, une crise climatique dans 10 ans ?

Classé dans: — gavin @ 29 janvier 2005 - (English)

par Gavin Schmidt et Stefan Rahmstorf (traduit par Thibault de Garidel et Gilles Delaygue)

Deux travaux sortis cette semaine, un papier publié dans Nature (Stainforth et al., 2005) décrivant des résultats préliminaires de l’expérience climateprediction.net, et le rapport Meeting the Climate Challenge d’un groupe politique, ont mené à des titres catastrophistes dans les médias. Sur l’article de Nature, BBC on line indique que les “températures globales pourraient s’élever de près de 11ºC”; sur le second rapport il est écrit: “Une crise climatique proche pour dans 10 ans”. [N-d-T. : Voir également Le Monde : Un réchauffement climatique de plus de 6ºC n'est plus à exclure ; Libération : Prédire chez soi]. Cela signifie-t-il que de nouvelles preuves montrent un changement climatique plus sérieux que précédemment estimé ? Nous ne le pensons pas.

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Et si …. la “Crosse de Hockey” était fausse ?

Classé dans: — stefan @ 27 janvier 2005 - (English)

Par Stefan Rahmstorf (traduit par Claire Rollion-Bard)

La reconstruction “crosse de hockey” des températures du dernier millénaire a beaucoup attiré l’attention – en partie car elle a été mise en avant dans le rapport IPCC 2001 comme l’un des nouveaux résultats importants depuis le précédent rapport IPCC de 1995, et en partie car elle est devenue le point de mire d’un certain nombre de défis. La discussion sur la “crosse de hockey” est transmise avec une ferveur considérable dans les médias, où cette courbe est souvent présentée comme une preuve ou même la preuve la plus importante de l’influence anthropogénique sur le climat.

En tant que personne n’ayant pas travaillé sur le dernier millénaire, je ne veux pas discuter des mérites des défis techniques (qui sont discutés dans une autre section du site). Je veux plutôt discuter de la question “et si…” : et si de sérieux défauts étaient trouvés dans la courbe “crosse de hockey” ? Qu’est ce que cela signifierait ?

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Peer Review: A Necessary But Not Sufficient Condition II

Classé dans: — group @ 27 janvier 2005

by Michael Mann and Gavin Schmidt

In a previous post, we discussed a number of examples where the “Peer Review” process has failed, and poor papers have been published in the ostensibly peer-reviewed literature. In this context, we revisit our previous discussions of the flawed work of McIntyre and McKitrick (henceforth “MM”). MM published a paper, in the controversial journal Energy and Environment, claiming to “correct” the proxy-based reconstruction of Northern Hemisphere temperatures published by Mann et al (1998–henceforth “MBH98″). Following the all-too-familiar pattern, this deeply flawed paper was heavily promoted by special interests as somehow challenging the scientific consensus that humans are altering the climate (an excellent account is provided by science journalist Dan Vergano of USA Today here). As detailed already on the pages of RealClimate, this so-called ‘correction’ was nothing more than a botched application of the MBH98 procedure, where the authors (MM) removed 80% of the proxy data actually used by MBH98 during the 15th century period (failing in the process to produce a reconstruction that passes standard “verification” procedures–an error that is oddly similar to that noted by Benestad (2004) with regard to another recent McKitrick paper). Indeed, the bizarre resulting claim by MM of anomalous 15th century warmth (which falls within the heart of the “Little Ice Age”) is at odds with not only the MBH98 reconstruction, but, in fact the roughly dozen other estimates now published that agree with MBH98 within estimated uncertainties.

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Réchauffement récent anormal en Europe

Classé dans: — group @ 24 janvier 2005 - (English)

Contribution invitée de Juerg Luterbacher, université de Berne, Suisse (traduit par Thibault de Garidel et Gilles Delaygue)

Alors que la nature anormale des tendances récentes de la température moyenne globale est souvent soulignée dans les discussions sur le changement climatique, les changements aux échelles régionales ont une signification sociétale potentiellement plus importante. Un exemple particulier est le lien possible entre le changement climatique et l’incidence des vagues de chaleur estivales [Meehl, G.A. et C. Tebaldi, Science, 305, 994-997, 2004] comme celles observées en Europe pendant l’été 2003 [ voir Schaer et al. , Nature, 427, 332-336, 2004; Stott et al. , Nature, 432, 610-614, 2004]. Des analyses préliminaires des températures moyennes annuelles de l’air pour l’Europe pour l’année 2004 montrent que cette année figure parmi les plus chaudes (mais pas aussi chaude que les années 1989, 1990, et 1999-2003) depuis que des mesures instrumentales sont disponibles (approximativement les 150 dernières années). La température moyenne de 2004 dépassait de plus de 0,8°C les températures moyennes de la période de référence 1961-1990. Les plus fortes anomalies ont été observées en Europe de l’Est et dans les pays Scandinaves. Pour chaque mois de 2004, la température était supérieure à celle de référence; pendant les mois de Février-Avril, Août, Octobre et Décembre la température dépassait de plus de 1°C la période 1961-1990. Au cours des 100 dernières années, les températures moyennes annuelles de surface en Europe ont augmenté d’environ 0,85°C. La tendance à la hausse s’est accélérée au cours des dernières décennies, avec environ 1,2°C de réchauffement au cours des 30 dernières années (1975 à 2004). En fait, les trente dernières années sont probablement la période pluridécennale la plus chaude en Europe des 500 dernières années au moins [Luterbacher, J., Dietrich, D., Xoplaki, E., Grosjean, M. et H. Wanner, Science, 303, 1499-1503, 2004], alors que la dernière décennie (1995-2004) est probablement la décennie la plus chaude, et enfin l’été 2003 celui le plus chaud. Ces conclusions sont semblables à celles tirées pour l’ensemble de l’hémisphère Nord.

Evaluation par des pairs : une condition nécessaire mais pas suffisante

Classé dans: — group @ 20 janvier 2005 - (English)

Par Michael Mann et Gavin Schmidt (Traduit par Alain Henry)

Dans ce site, nous insistons sur les résultats de recherches sur le climat soumis à des « évaluations par des pairs » [NdT: l'expression française « évaluation par des pairs » étant lourde et peu satisfaisante, nous utiliserons dans la plupart des cas l'expression anglaise originale peer review et nous désignerons les reviewers comme des évaluateurs]. C’est-à-dire, des recherches publiées par un ou plusieurs chercheurs dans un journal scientifique, après avoir été évaluée par un ou plusieurs experts dans le même domaine (des « pairs ») pour en vérifier la précision et la validité. Quelle est l’importance de ces peer review ? Comme le dit très lucidement Chris Mooney :

[Le peer review] est incontestablement une pierre angulaire de la démarche scientifique moderne. Concept central au choc compétitif des idées qui fait avancer la connaissance, le peer review bénéficie d’une telle renommée au sein de la communauté scientifique que les études qui n’ont pas son imprimatur sont considérées avec scepticisme. Les réputations académiques dépendent de la capacité à franchir le peer review pour être publié dans les principaux journaux ; les presses universitaires emploient le peer review pour décider quels livres elles publieront ; et les agences fédérales comme l’Institut National pour la Santé utilisent le peer review pour évaluer les demandes de fonds fédéraux pour la recherche.

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