11ºC de réchauffement, une crise climatique dans 10 ans ?

A partir de ces connaissances, que tirer des résultats de climateprediction.net ? Ils prouvent que la sensibilité à 2xCO2 d’un large ‘ensemble’ de simulations, multi-modèles, et avec différents paramètres, s’étend de 2 à 11°C. Ceci prouve qu’il est possible de construire des modèles avec des comportement extrêmes – que ces modèles soient réalistes est une autre question. Pour déterminer leur réalisme, les modèles doivent être comparés aux données. Stainforth et al. comparent leurs modèles à de très faibles contraintes issues des données, à savoir uniquement aux moyennes annuelles du climat moderne. Comme ceci n’inclut aucune variation climatique (à commencer par le cycle saisonnier), et encore moins une période de test du modèle avec une concentration différente en CO2, cette validation par les données ne permet pas de contraindre la limite supérieure de la sensibilité climatique. Le fait que même des versions de modèle avec de fortes valeur de sensibilité climatique réussissent le test de validation ne prouve pas que la Terre ait une telle sensibilité climatique élevée, cela prouve simplement que le test de validation des modèles n’est pas très sélectif. Notre sentiment est qu’une fois que la validation sera plus complète, la plupart des cas de sensibilité extrêmement élevée échoueront (en particulier sur le cycle saisonnier, qui détermine des variations plutôt que juste une moyenne).

Un test encore plus rigoureux pour une sensibilité climatique réaliste serait l’application d’un modèle à des climats avec différents niveaux de CO2. Considérons l’implication pour le climat glaciaire d’une sensibilité double de la valeur le plus probable de 3°C, c.-à-d. 6°C. Ceci impliquerait soit que les forçages glaciaires étaient la moitié de ce que nous pensions, ou que les changements de température sont doubles de ce que nous estimons. Cela serait extrêmement difficile à concilier avec les paléo-données. Evidemment cette situation devient encore plus difficilement tenable avec les paléo-données pour des valeurs de sensibilité plus grandes (>6°C). Par conséquent, nous estimons que le résultat le plus important de l’étude de Stainforth et al. est que de loin la majorité des modèles indiquent une sensibilité du climat comprise entre 2ºC et 4ºC, confortant la gamme largement admise. Le fait que certains des modèles indiquent des sensibilités beaucoup plus élevées ne devrait pas être sur-interprété.

Le rapport ‘Meeting the Climate Challenge’ a essayé de quantifier ce qui est signifié par interférence ‘dangereuse’ du climat. Tous les pays, les USA et l’Australie compris, ont signé la Convention-Cadre sur le Changement Climatique qui les oblige à prévenir toute interférence ‘dangereuse’ avec le système climatique. En fait quantifier ce seuil est assez délicat. Pour différentes raisons (bien que certaines subjectives), ils proposent qu’un réchauffement global supérieur à 2°C (par rapport à la période pré-industrielle) deviendra de plus en plus dangereux. Le problème réside dans la limitation de ce réchauffement étant données les incertitudes sur la sensibilité climatique.

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