Est-ce que le Gulf Stream ralentit ?

par Gavin Schmidt (traduit par Pierre Allemand)

Nous avons été submergés de demandes d’évaluation des rapports récents du Times

Britain faces big chill as ocean current slows” (la Grande Bretagne soumise à un refroidissement important en raison du ralentissement de courants océaniques) et de CNN “Changes in Gulf Stream could chill EuropeLes changement du Gulf Stream pourrait refroidir l’Europe), (notez l’intéressant glissement de perspective géographique !).

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L’origine de l’histoire, est une affirmation, au cours d’une réunion de l’EGU de Peter Wadhams de l’Université de Cambridge, selon laquelle la convection, dans une zone normalement active de la Mer du Groenland avait été très réduite pendant l’hiver dernier. Plus précisément, dans une des zones où une douzaine de ‘cheminées’ convectives se forment, on avait observé seulement deux petites cheminées. (Malheureusement, je n’ai pas été capable de trouver un résumé des propos du Docteur Wadhams digne de confiance, et j’ai dû m’en remettre à l’article du Times pour les détails).

Les cheminées convectives des mers bordées par le Groenland, l’Islande et la Norvège se mettent en route lorsque le refroidissement intense de l’océan, normalement associé à un passage de basses pressions, détruit la stabilité des couches normalement stables de l’océan, et provoque la convection et le mélange de l’eau refroidie et rendue plus dense pour former une couche relativement plus profonde. Cette région du monde est un des seuls rares endroits où la colonne inférieure des couches océaniques est assez stable pour que ce processus puisse se produire au large, et conduise à des cheminées convectives descendant jusqu’à 2 à 3000 mètres.

Les masses d’eau profonde issues de ce phénomène sont ensuite évacuées de cette région, pour former éventuellement les courants profonds des “North Atlantic Deep Water” (eaux profondes nord atlantique) (auxquels participent aussi des eaux provenant de la Mer du Labrador, et d’autres masses d’eaux). Ce processus constitue une partie de ce qu’on appelle la ‘circulation thermohaline’. Il est associé aux quantités de chaleur relativement importantes transportées dans l’Atlantique nord, qui maintiennent la Grande Bretagne et le reste de l’Atlantique nord 3 à 6 °C plus chauds que ce qu’ils devraient normalement être. La figure illustre les chiffres estimés à partir de deux modèles pour l’impact de cette circulation. (Stocker, 2002).

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