Plus salé ou pas ?

La théorie et le modèle suggèrent que si l’enfoncement des eaux de surface salées dans le Nord de l’Atlantique ralentissait ou s’arrêtait, il y aurait une réduction du transport de la chaleur par l’océan, ce qui aurait des implications pour le climat du Nord de l’Europe. Les prévisions des climats futurs potentiels indiquent que cela pourrait avoir lieu en réponse à l’augmentation du forçage des gaz à effet de serre, bien que le degré de ce changement est très variable d’une simulation à l’autre.

L’adoucissement de l’océan peut résulter de nombreux facteurs — le fonte de la glace, la décharge d’eau douce par les rivières, ou une augmentation des précipitations aux hautes latitudes. Les niveaux de salinité de la région nord de l’océan sont aussi influencer par le flux d’eau salée et chaude des latitudes plus basses dans l’Océan Atlantique. Ainsi, la salinité de l’eau est le résultat d’un équilibre délicat entre des influences multiples en concurrence.

Il est important de garder à l’esprit que les différentes régions de l’océan dans l’Arctique, souvent séparées par des frontières raides, peuvent avoir des caractéristiques différentes et qu’elles peuvent subir différents changements. Ces régions océaniques sont souvent référencées sous différents noms, mais nous essaierons de simplifier la discussion en utilisant le terme “océans du nord” quand on se réfère au bassin entre le Groenland, l’Islande et la Norvège ; Hatun et al. utilisent “Arctique méditerranéenne” alors que Curry & Mauritzen (2005) utilisent le label “Mers nordiques”.

Northern oceans ocean basin

Carte de l’océan nordique

Il est devenu de plus en plus évident que pendant les dernières 50 années, les eaux des Mers Subpolaires et Nordiques sont en effet devenues plus douces. Ce que Curry & Mauritzen ont fait est de quantifier quand, où, à quelle vitesse, et en quelles quantités cette eau douce est entrée dans ces mers. Il apparaît de leur analyse que la quantité d’eau douce ajoutée durant les décennies récentes était beaucoup plus grande que ce qui était auparavant supposé. Ils ont aussi estimé combien de temps cela prendrait avant que le courant profond dans les hautes latitudes cesse si l’adoucissement continuait avec plus ou moins le même taux, et arrivaient à une estimation d’environ 100-200 ans. Cela suggère la possibilité qu’un ralentissement du tapis roulant dans le futur proche pouvait être une possibilité réelle, et pas juste une curiosité théorique.

Hatun et al. sont d’accord que de larges aires dans les océans du nord s’adoucissent. De plus, Curry & Mauritzen font état du fait que la salinité était la plus faible au milieu des années 90 et que les mers sont devenues plus salées depuis. Tous les deux décrivent aussi un événement exceptionnel à la fin des années 60 début des années 70, où une région de très faible salinité a été observée (connue sous le nom de “la Grande Anomalie de Salinité” – GAS). La GAS peut aussi être vue dans la fig. 2 de Hatun et al. et est une caractéristique bien connue dans l’océanographie de l’Atlantique. Curry & Mauritzen ont trouvé que la tendance à l’adoucissement culmine dans les années 90, une indication que l’eau salée et chaude du sud a tendance à contrarier l’influence de l’adoucissement. Donc il n’y a aucune inconsistance avec le papier de Hatun et al.

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