Les Chevaliers de l’Ordre de la Terre Plate, Part II: Courtillot’s Geomagnetic Excursion

Cet article poursuit la critique des écrits sur le climat d’Allègre et Courtillot, commencée dans la Partie I.

Prélude : C’est de la physique, idiot

…c’est bien sûr une paraphrase de la célèbre citation de Bill Clinton au sujet de l’économie. Le dernier mot est en petits caractères car nous avons appris que ce n’est pas une bonne technique de débat d’insinuer (même par inadvertance) que ceux qui ont du mal à voir la force de l’argumentation pourraient être idiots. Ce que nous souhaitons souligner par cette paraphrase est le simple fait que le lien de cause à effet attendu entre l’augmentation des gaz à effet de serre à longue vie (comme le CO2) et l’augmentation de température ne repose pas sur une vague corrélation inexpliquée entre la température et la concentration des gaz à effet de serre au cours du 20e siècle.

L’augmentation présumée de la température a été prédite bien avant d’être détectable dans l’atmosphère, en fait bien avant de savoir que le CO2 était vraiment en train d’augmenter. Ceci a été prédit pour la première fois par Arrhenius en 1896 à partir d’idées extrêmement simples sur l’équilibre radiatif, puis fut reproduit en utilisant de la physique moderne des rayonnements par Manabe et collaborateurs dans les années 60. Aucune de ces prédictions ne reposait sur des modèles de circulation générale, qui sont apparus dans les décennies suivantes et ont permis des prévisions plus détaillées. Mais la prédiction de base du réchauffement est fondée sur des principes de physique vraiment fondamentaux ayant trait à l’absorption des infrarouges par les gaz à effet de serre, à la théorie radiative du corps noir, et à la thermodynamique de l’atmosphère saturée. Chacun de ces éléments a été vérifié avec une très bonne précision par des expériences de laboratoire et des observations de terrain.

Pendant un temps, une incertitude persistait sur le fait de savoir si la vapeur d’eau allait amplifier le réchauffement avec l’amplitude simulée par les premiers modèles d’équilibre radiatif, mais une ou deux décennies de travail supplémentaire à la fois d’observation et de théorie ont montré qu’il n’y a pas vraiment de raison de douter du calcul de cette rétroaction par les modèles de circulation générale. Modifiée en introduisant l’effet refroidissant des aérosols anthropiques, la théorie rend compte de façon satisfaisante de l’allure de la variation de température des 20e et 21e siècles.

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